Maison de Dominique et Brigitte Garros-Pabois
Technique constructive hybride expérimentale
Leur choix était
porté sur la terre. Ils ont donc utilisé la méthode du coulage de la
technique du GREB, mais pas l'ossature porteuse, qu'ils avaient déjà
conçus à l'avance. Ils ont su avec talent mélanger les techniques qu'ils
avaient acquises au cours de leur expérience.
Ce futur habitat nous démontre encore une fois que des techniques
différentes peuvent être conciliées et, pour les constructeurs férus de
matériaux naturels comme Dominique et Brigitte, cette expérience
s'approche de l'harmonie entre l'environnement naturel (matériaux :
bois, pierre, terre, chaux) et architectural (rural & traditionnel), et
leurs choix d'un habitat original et performant.
Dominique et Brigitte (à gauche & à droite) lors du stage en juin 2006 à Jargeau
En plus d'être super efficaces (voir les résultats en quelques mois) ils sont super sympas, ce qui n'arrange rien!!!!!!!
Bonne découverte de leur projet et leur chantier!
A partir d’une
structure bois en douglas de premier choix (venant du massif
central, côté limoges donc 100 km de chez nous), montée en trois
semaines par un vieux charpentier avec sa toiture et couverture.
Pose des briques, pour éviter le contact de la paille avec le sol et les
aérer


Le sol
Après le nivellement général, permettant de positionner les dés sur
lesquelles est fixée la structure en bois, nous avons étalé 15 cm de
gravier

Tassé à la dameuse

Nous allons couler une chape de chanvre (10 cm) il faudra sans doute
mettre un géotextile pour éviter les remontées d’humidité.
(NDLR : Pour éviter
les remontés d'humidités : hérisson de cailloux 20/40 ventilé,
indispensable surtout sous une dalle de chanvre)
Le tout recouvert de 5cm de terre
Restera 2cm pour poser le carrelage.
15 juillet début du chantier
Un peu trop tard dans la saison, c’est sûr. Mais le charpentier n’a
été prêt que le 15 juin au lieu de fin Avril. Puis après, des
impondérables familiaux (et estivaux…) ont retardé le commencement de la
fabrication des murs. C’est dommage. A refaire on commencerait plus tôt
.
Montage des tasseaux :

40 x 70 pour les embrasures, 40 x 40 pour le reste. La section est
suffisante puisqu’ils ne sont par porteurs.
Vissés au niveau des poutres horizontales de la structure (plancher ou
sablière)
Mortier
Chaux NHL 2 : 1 seau
Paille très émiettée : 4 seaux avec rotofil dans un espace délimité par
des bottes de paille

Sable 0,2 : 2 seaux
Terre : 5 seaux pris sur place, très argileuse.
Il faut absolument ôter
les cailloux évidemment et l’émietter. Du boulot.
Sciure : 1 ou 2 seaux éventuellement si besoin. Quand le mortier est
trop liquide ou manque d’homogénéité.
A force d’essais et de combinaisons, ce sont les proportions que nous
utilisons maintenant.
Afin d’émietter la terre (car dans la bétonneuse si la terre est humide,
elle a tendance à s’agglutiner) nous versons le tout dans un bac dans
lequel on piétine (avec des bottes de préférence).
20 minutes de préparation.
15 minutes pour verser le mortier dans le coffrage.
Nous n’avons pas trouvé d’astuces supplémentaires pour verser le mortier
dans le coffrage. Il faut oser y aller à fond quitte à ressembler à des
morts vivants.

Dur, dur, au bout de 5 semaines de ce geste, la tendinite est presque garantie.

L’intérêt de la terre dans le mortier c’est qu’elle sèche doucement et
que plusieurs jours plus tard, il est possible de la découper au
coutelas faire des formes, pour incruster des briques, des tuiles etc,
pour faire des motifs et ensuite rajouter de la terre pour combler. Un
jeu d’enfant très agréable.

Résultat final

Au début nous avons oublié les feuillards et il y a eu de nombreuses
catastrophes, le poids de la terre arrachant le coffrage et les
tasseaux.

Puis nous nous sommes rappelés du stage. Nous avons trouvé deux bobines
de feuillard métallique. Une fois utilisées il n’y en avait plus dans la
région donc nous nous sommes rabattus sur les « feuillards » en
plastique (non rigides et qui ressemblent à des fibres végétales) avec
lesquels les marchands de matériaux lient les tasseaux.
Très très très pratiques. Faciles manier, on peut faire des nœuds
facilement. Pas cher puisque gratuit. Extrêmement solides. Et puis cela
évite de mettre du métal un peu partout dans les murs.
Pour les parties contre la toiture, où il n’était pas possible
d’utiliser la technique du coffrage on enduisait à la main, truelle.
Deux passages minimum. La terre fait qu’il est possible de mettre
d’assez grosses couches : 3 centimètres.
Pour plus d’info sur le travail de la chaux voici un très bon livre
"La chaux naturelle" de Julien FOUIN Edition du Rouergue
Taille de bottes
Nous avons utilisé la bonne technique apprise pendant le stage :
l’aiguille qui même si elle fait 60 centimètres de long finit quand même
par se perdre dans la paille !!!
(ndlr : un scotch rouge évite bien des tracas !)

Sur cette photo, derrière Kim, on peut voir un détail d’un soubassement
de fenêtre fait en bois cordé.
Cette technique permet d’être plus souple pour la hauteur, on peut
atteindre la hauteur désirée très facilement. Et puis cela permet aussi
de rétrécir l’épaisseur du mur, puisque 30 cm (mini) sont suffisante
pour une bonne isolation. Cela permet donc de faire des niches, des
étagères sous les fenêtres etc
Sinon la paille c’est génial. Super maniable si les bottes ne sont pas
trop grandes.
Elles permettent aussi d’être tronçonnée si elles sont un peu trop
hautes sur place.

Ou avant en faisant bien
attention de relier les deux ficelles entre elle en plusieurs endroits
avant l’opération
On peut facilement reboucher des espaces compliqués (sous la toiture,
interstices de fenêtres) en faisant du « torchis » en boule (mélangeant
beaucoup de paille au mortier à la main)
Colombage
Les colombages sont fixés comme les tasseaux sur la structure porteuse
de la maison , posés à même la paille et retenus par des feuillards
(métalliques, bois ou plastique)

Pour les fenêtres avec des
bois de colombages. Les poutres du dessous reposent sur des échelles, et
nous avons taillé les bottes en fonction de la hauteur et la largeur
désirées.
Les pierres reposent sur les poutres du bas .
Les poutres du haut reposent sur les pierres et sur les bottes de
paille.

Rien de très difficile.
Mais il faut être bien précis.
Ce fut une super expérience. Tout le monde a pu aider, des le plus jeune
âge.

Tout le monde a appris beaucoup de choses. Un voisin allemand est venu presque tous les jours.

Les amis aussi pendant un
week-end. Et d’autres des inconnus des passage qui sont devenus des
amis.
Nous avons bien été contents quand au bout de 5 semaines intensives à
tous les cinq, nous avons décidé le 18 août que nous prenions de
vacances.
Nous avions fait tout ça en un mois de travail !!!

BUDGET
En tout pour 140 m²
habitable nous avons utilisé
Briques 100 €
350 bottes de paille, soit un coût de 350 € (175 bottes carrées)

soit +/- 350 sacs de chaux soit 2.800 €
5 m3 de sable soit 200 €
liteaux soit 300 €
structure bois et toiture soit 39.000 €
14 menuiseries chêne soit 11.000 €
isolation chanvre soit 4.000 €
hors damage, drain, électricité etc...
Total de moins de 59.000
euros
Dominique & Brigitte
© APPROCHE-Paille 21/12/2006